Oison (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

IX e siècle, auciun ; XV e siècle, osson . Emprunté du latin tardif aucionem, « », lui-même diminutif de auca, « oie », puis refait en oison, avec influence d' oisel . Petit de l'oie. L'oie était suivie de six s duveteux. Oison bridé, à qui l'on a passé une plume dans les ouvertures de la partie supérieure du bec pour l'empêcher de franchir les clôtures et les haies ; fig., se dit d'une jeune personne crédule, naïve (en ce sens, on dit aussi simplement Oison et on peut rencontrer le féminin Oisonne ).


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Le petit d'une oie. "Un jeune . Un petit ."
"Oison bridé," Celui à qui l'on a placé une plume dans les ouvertures qui sont à la partie supérieure du bec, pour l'empêcher d'entrer dans les lieux fermés de haies. Figurément et par dérision, il se dit d'une Personne niaise et sotte à qui l'on fait croire tout ce que l'on veut.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Petit de l'oie.
SÉV.: « Dangeau a voulu donner des présents aussi bien que Langlée ; il a commencé la ménagerie de Clagny ; il a ramassé pour deux mille écus de toutes les tourterelles les plus passionnées, de toutes les truies les plus grosses, de toutes les vaches les plus pleines, de tous les moutons les plus frisés, de tous les s les plus s »
BUFF.: « La laitue, qui est le plus grand régal des petits s »
    Oison bridé, celui à qui l'on a placé une plume dans les ouvertures du bec, pour l'empêcher d'entrer dans les lieux fermés de haies.
    C'est un bridé, c'est un imbécile à qui l'on fait faire ce qu'on veut.
MOL.: « Hé bien, où va-t-elle, où va-t-elle, que veut-elle faire, cet bridé ? »
    N'avoir pas plus de sens qu'un , être très borné.
VOLT.: « Elle faisait des agaceries au bel Amazan, qui s'aperçut enfin qu'elle n'avait pas le sens d'un »

 2   Fig. et familièrement. Un , un homme, une femme sans intelligence, imbécile.
LA FONT.: « Lise n'était qu'un véritable »
MOL.: « Oui, oui, ne souffrons point qu'on nous croie un »
DESTOUCHES: « Que Damon ne vient-il ? mais vous ferez l'oison, Sitôt qu'il paraîtra.... »
VOLT.: « Tu crois qu'à cet je suis fort attaché.... »
GRESSET: « Que voulez-vous qu'on dise à de pareils s ? »
    Ces s-là, des gens de cette espèce, avec une idée de dénigrement.
SÉV.: « Vous me faites peur de votre vieille veuve qui se marie à un jeune homme ; c'est un grand bonheur de n'être pas sujette à se coiffer de ces s-là ; il vaut mieux les envoyer paître que de les y mener »

 3   Terme rural. Tas d'avoine composé de deux javelles au plus, qu'on laisse sur le sol jusqu'à ce qu'on ait eu le temps de les lier.

REMARQUE
    La Fontaine a dit pour canard ; ce qui est une inexactitude de langage, malgré la parenté de l'oie et du canard :
LA FONT.: « La tortue enlevée.... Justement au milieu de l'un et l'autre »

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Ren. 16538: Il vos covendroit jelinetes, Chapons, s, tendres poletes
    XIVème siècle
     Ménagier, II, 5: En aoust et septembre, quant les s sont aussi grans comme pere et mere
     les Chetifs, v. 14850: Quant il ot l'uel crevé de la lance acerée, Ele dist à ses dames dont elle fu privée : Il est bons pour garder les s, ceste année
    XVème siècle
     Patelin: Par Saint-Jean, tu as bien raison, Les oysons mainent les oyes paistre
    XVIème siècle
MONT.: « Au contentement d'une mediocre mesure de fortune et fuyte de la grandeur, j'y treuve fort peu d'affaires ; c'est une vertu, ce me semble, où moy, qui ne suis qu'un oyson, arriverois sans beaucoup de contension »
LEROUX DE LINCY: « Bon mauvaise oie »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, ochon, oyon ; bourguig. ozon ; pic. euson ; Bresse, oyon. La forme régulière est dans le Berry ochon, qui vient de auca, oie, ou dans le bressan oyon, qui vient de oie ; est une dérivation irrégulière.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Le petit d'une oie. "Un jeune . Un petit . Un farci."
"Oison bridé," Celui à qui l'on a placé une plume dans les ouvertures de la partie supérieure du bec, afin de l'empêcher d'entrer dans les lieux fermés de haies.
Fig. et fam., "Cet homme est un , un bridé, il se laisse mener comme un ," C'est un imbécile, un esprit borné, à qui l'on fait croire ou faire tout ce qu'on veut.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Le petit d'une oie. "Un jeune . Un petit . Un farci".
On dit figurément et familièrement, qu'"Une personne est un , un bridé," qu'"Elle se laisse mener comme un oison," pour dire, que C'est un esprit borné, à qui on fait faire tout ce qu'on veut. OLE



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Le petit d'une oie. "Un jeune . Un petit . Un farci."
On dit figurément, qu'"Un homme est un , un bridé," qu'"il se laisse mener comme un ," pour dire, que C'est un idiot à qui on fait faire tout ce qu'on veut.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Oa-zon".] Le petit d'une oie. "Figurément", Idiot: C'est "un ", un " bridé"; il se laisse mener comme "un ". St. famil. Voy. OIE.
   OîTRE, OîVRE: pénult. longue: "croître", "poîvre".
   OLE: l'"o" est bref, excepté dans "drôle", "geôle", "môle", "rôle", "contrôle", il "enjôle", il "enrôle", il "vôle" (dérobe). Dans il "vole" en l'air, il est bref.




Emplacement dans le dictionnaire :

oiselet
oiseleur
oiselier
oisellerie
oiseux
oisif
oisillon
oisivement
oisiveté

okygraphique
oléacées
oleacees
oléagineux
oleagineux
oleandre
oléandre
olécrane
oléifère
oléine
oléique




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)

...qu'il rentre ! Les Uns non ! Les Autres si ! Un Jeune Homme, à Cyrano. mais à la fin, monsieur, quelle raison avez-vous de haïr Montfleury ? Cyrano, gracieux, toujours assis. jeune oison, j'ai deux raisons, dont chaque est suffisante seule. primo : c'est un acteur déplorable, qui gueule, et qui soulève avec des han ! De porteur d'eau, le vers qu'il faut laisser s'envoler ! - secundo...


Citation n°2 de Théodore de BANVILLE (Gringoire)

...à Simon Fourniez. eh bien, Simon, ta fille ? Simon Fourniez, piteusement. sire, je n'ai pas eu le courage de la laisser au cachot dans sa chambre. Je me suis sottement attendri, comme un vieil oison. (le roi sourit.) vous me trouvez faible, n'est-ce pas ? Le Roi, riant. au contraire. Fais-la venir. Gringoire, à part. c'est elle ! (il s'appuie sur un meuble, prêt à tomber en faiblesse.)...


Citation n°3 de CHAMPFLEURY (Les Souffrances du professeur Delteil)

...sortez de classe avec lui ; convenez que ces soupçons pouvaient facilement s'accrocher après vous ; tant que votre élève est avec vous, c'est un aigle ; qu'il passe dans d'autres mains, c'est un oison. Croyez-vous que la malignité n'ait pas raison de vous attribuer une bonne part dans les compositions du jeune Charles-Marie ? -monsieur le principal, dit M Delteil, je n'ai qu'un mot à répondre...


Citation n°4 de Théodore de BANVILLE (Les Cariatides)

...le sourire qui mord et l'art si compliqué de mentir sans remord. Ne crois pas que Judith fût donc embarrassée pour dire à son cousin qu'on l'avait tant forcée qu'elle n'avait pas pu refuser cet oison. Prosper lui répliqua : vous avez bien raison, et ce n'est après tout qu'une affaire de forme, car un époux marquis reste, pourvu qu'il dorme, un meuble de salon à ne pas dédaigner. Mais un ancien...


Citation n°5 de Jules SANDEAU (Sacs et parchemins)

...pour sentir, au péril de sa vie, le parquet du salon s'abîmer sous ses pieds. La confusion, le dépit, la colère, se partageaient son coeur. Qu'on se figure un autour se disposant à plumer un oison, et qui voit un aigle fondre et s'abattre sur sa proie. Quant à M Levrault, tout entier à ses préoccupations, il ne devinait rien et ne soupçonnait pas qu'il pût y avoir quelque anguille sous...


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